Le Design Thinking, pour innover et pour transformer aussi !

Le Design Thinking, cette méthode bien connue du monde de l’innovation s’applique parfaitement aux problématiques d’organisation et de fonctionnement. Transposée de l’innovation pour les produits et services sur des cas de transformation interne, le Design Thinking est d’une redoutable efficacité: en mettant l’utilisateur au cœur de la réflexion, les propositions sont orientées « usages » et correspondent aux attentes des futurs utilisateurs, garantie de réussite et d’agilité dans la mise en œuvre. Inspirée par IDEO cette méthode dont le son fondateur Tim Brown dit qu’ elle « peut transformer la manière de développer les produits, les services, les process et même la stratégie » s’articule en 5 étapes.

  1. « Empathize » « se mettre dans les chaussures de »

La caractéristique du Design Thinking est d’être orientée utilisateur. Il s’agit de comprendre les besoins de l’utilisateur, de se mettre à sa place pour identifier ses « irritants ». Appliquée à la transformation l’empathie permettra d’entrer dans les craintes mais aussi les espoirs des salariés et d’identifier les solutions qui vont émerger d’elles-mêmes.

“Le jour où une toute jeune entreprise, nommée Apple Computer, nous a demandé de l’aide à créer un ordinateur “pour tout le monde”, nous avons appris la valeur de l’empathie.Tim Brown (fondateur IDEO)

  1. « Define » « définir »

L’étape suivante consiste à clarifier les besoins par un questionnement adapté, quitter le traditionnel « comment le faire » et passer plutôt à « pourquoi le faire ». Il s’agit de re-questionner le problème de départ et de le reformuler de manière pertinente par rapport aux besoins parfois inconscients de la cible.

“Un problème bien posé est à demi résolu.” Albert Einstein

  1. « Ideate » « imaginer et concevoir »

Pour explorer et créer de nouvelles possibilités, il faut utiliser ce que l’on appelle “la pensée divergente”. La pensée divergente consiste à multiplier les options pour créer des choix, autrement dit, générer un maximum d’idées afin d’augmenter la possibilité de trouver la bonne solution.

Il existe de nombreuses méthodes de créativité dont le brainstorming. Chaque brainstorming peut avoir ses propres règles, mais il y a une règle qui devrait être universelle : celle de construire à partir des idées des autres, de ne pas juger les autres, d’encourager les idées les plus folles afin d’alimenter un réel discours créatif d’une grande richesse.

“Pour avoir une bonne idée, il faut d’abord en avoir de nombreuses.” Linus Pauling, (Prix Nobel)

  1. « Prototype » « prototyper »

Le prototypage est une étape clé du process du Design Thinking ; c’est la démonstration par la preuve.
Réaliser des prototypes, ébaucher, maquetter, modéliser ou construire accélère l’avancée du projet et permet d’explorer plusieurs idées en parallèle.
En matérialisant une idée par un objet, on peut très facilement l’évaluer, la perfectionner et se concentrer sur la solution la plus adaptée.

Dans le cas du service on imagine des mises en œuvre concrètes qui se traduisent par des programmes d’actions pour mise en œuvre immédiate.

« Le prototypage, c’est le fait de penser avec les mains. » David Kelley (co-fondateur Ideo)

  1. « Test » « tester »

Enfin, la dernière “étape” du processus est de tester.
Lancer le projet ou le prototype est l’opportunité d’apprendre en sollicitant des retours des utilisateurs et d’itérer sur le produit, service ou expérience conçue.

Le principe de valorisation de l’erreur est très puissant en termes de conception rapide de solutions pertinentes. Les commentaires et réactions des utilisateurs ou consommateurs fournissent des informations susceptibles d’ouvrir de nouveaux marchés insoupçonnés bien plus prometteurs et rentables.

Il en va de même avec la transformation interne, la mise en œuvre rapide par petits pas favorise l’agilité et l’engagement .

“Échouer tôt pour réussir plus vite.” Tim Brown

En conclusion utiliser le Design Thinking pour transformer l’entreprise favorise outre les changements concrets et immédiats de stratégie et de process, l’entrée dans une nouvelle culture de « transformation permanente », de mobilisation de l’ « intelligence collective » et d’« agilité » tout en s’assurant d’un engagement puisant des collaborateurs puisque acteurs des solutions.

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Soft Skills pour l’Innovation

Pourquoi développer ses « soft skills » est indispensable pour piloter l’innovation et la transformation?

L’innovation est souvent considérée comme essentiellement technique et les compétences reconnues pour innover seraient donc plutôt « hard » « dures ». Or aujourd’hui même si la disruption est technologique elle entraîne des modifications profondes d’usages et de comportements qui nécessitent une approche humaine, « soft » « douce », des compétences. Clayton Christensen dans son « Gène de l’Innovateur » a déterminé à partir de l’observation des innovateurs de la Silicon Valley les 4 compétences clés qui sont …des « soft skills » indispensables pour tout leader d’innovation et de transformation.

1. Le questionnement
Cette première compétence recouvre des capacités dans chacune de ses étapes : oser la remise en question, oser paraître être « non sachant » donc témoigner d’une certaine humilité, être capable d’écouter la réponse et enfin accepter une réponse qui ne correspond à celle qu’on attend !
Derrière ce comportement de l’innovateur se profile la capacité « d’ouverture » sur les autres, le différent, l’impensable. C’est aussi pratiquer le doute, le non jugement et l’exercer par des questions parfois dérangeantes mais toujours non agressives
C’est donc aussi une capacité d’écoute, active et bienveillante, d’empathie pour obtenir le plus d’idées, qui témoigne d’une ouverture d’esprit essentielle pour trouver ce qui n’existe pas encore et l’accepter quand l’idée vient des autres !

2. L’observation
Observer c’est regarder, donc utiliser ses yeux mais pour une observation optimale c’est utiliser ses 5 sens pour capter le maximum d’informations : écouter et interpréter le non verbal pour tester la conviction de l’innovateur, se concentrer sur les démonstrations pour mieux comprendre et laisser libre cours à son intuition.
C’est l’occasion d’utiliser à la fois son sens critique et son intuition , sa capacité d’empathie pour faire les connections entre les idées, les conclusions et trouver des solutions.
Observer oblige à rester silencieux, à accepter que le savoir soit extérieur à soi et que les autres aient pu trouver ce que vous n’avez pu trouver vous-même. Observer c’est donc exercer son leadership d’une manière qui peut paraître « passive », la posture basse du coach, indispensable pour laisser émerger l’innovation ou les solutions de transformation et se mettre en situation de le détecter

3. Le réseautage
Pour Christensen « innover c’est créer des connexions intelligentes », celle des idées par l’observation et le questionnement mais aussi celle des hommes.
L’intelligence émotionnelle joue donc son rôle dans la capacité à créer son réseau en allant vers les autres même ceux qu’on ne connaît pas et à entretenir ce réseau pour disposer de ressources compétentes au bon moment !
La cross-fertilisation des idées est optimisée par celle des rencontres et des échanges. Savoir gérer la transversalité, encourager la coopération par les échanges et le désilotage est une soft skill indispensable pour le leader d’aujourd’hui.

4. L’expérimentation
« Quick and dirty » est le mantra pour passer à l’action rapidement. Les essais-erreurs, les « pilotes » pour tester les hypothèses de solutions ou les concept nouveaux (POC= « proof concept ») sont plus efficaces dans le monde accéléré que les projets léchés qui auront pris trop de temps juste pour la mise au point .
Le nouveau leader d’innovation doit donc être capable d’accepter la « non-perfection » immédiate, de courir le risque de voir sa solution non retenue.
Dans le même temps il devra pouvoir tirer profit de ces expérimentations pour trouver de nouvelles solutions pour ce qui demande à être corrigé et pour renforcer sa vision avec ce qui fonctionne et donc motiver l’équipe projet … soft skill primordiale des projets d’innovation et transformation.

5 idées reçues les plus tenaces sur l’innovation.

« L’innovation et les innovateurs sont dangereux pour l’entreprise ! ». L’une des 5 idées reçues les plus tenaces sur l’innovation.

C’est une des idées reçues qu’il m’arrive encore d’entendre, lorsque j’anime des formations d’acculturation à l’innovation ou que je réalise des études de perception de l’innovation en entreprises.. Et ce n’est pas la seule idée reçue concernant l’innovation ! A un moment où l’innovation devient un « enjeu stratégique » pour toutes les entreprises, comme le rappelle Marc Giget (http://www.sylviebremond.com/2018/04/04/innovation-devenue-enjeu-strategique-monde-marc-giget/ ), les DRH sont obligés de revoir certains de leurs jugements et surtout de s’y mettre… pour eux et leurs équipes aussi ! Passage en revue des 5 idées reçues les plus tenaces sur l’innovation.

1. « L’innovation et les innovateurs sont dangereux pour l’entreprise »

Tout ce qui est différent est jugé dangereux. Et c’est vrai que les entreprises en cette période de crise a plutôt recruté des profils analytiques pour la gestion de la performance par la réduction des coûts. Innover implique tout le contraire: investir /dépenser de l’argent, prendre des risques/possibilité de perdre de l’argent, miser sur le moyen et long terme/résultats immédiatement visibles …

De ce fait les innovateurs sont également considérés comme dangereux : esprits dépensiers, risque tout, insouciants des résultats à présenter… à l’opposé des marques d’engagement attendues dans les référentiels culturels en ces temps de crise.

La parade ? relire Christensen notamment son « Dilemme de l’Innovateur » qui explique la nécessité de gérer les paradoxes, innovation court et moyen/long terme en même temps, et traduire « dépense » d’innovation plutôt comme « investissement » sur l’avenir , pas forcément lointain avec l’accélération due au Digital.

2. « L’innovation c’est technique »

Combien de fois l’innovation est-elle réduite à l’invention technique … et aux « grandes innovations ». Certes le digital amplifie la perception avec sa quête de « disruption » et l’ « Iphone » est devenu la référence absolue de « grande innovation ».

Mais l’innovation ce sont aussi de « petites innovations » celles qu’on appelle « incrémentales » parce que ce sont des améliorations de qualité ou d’usage. Et de ce point de vue la vague du développement durable et de la RSE devrait favoriser un nouveau type d’innovation, comportementale autant que technique : tri sélectif, retour au verre en attendant la sortie des plastiques bio-sourcés et recyclables (PLA), recours à l’imitation de la nature pour créer …

Enfin face aux défis des plateforme de service poussé par le Digital, l’innovation de services se développe et les profils d’innovateurs dépassent le cadre du chercheur solitaire dans son garage ou son laboratoire!

3. « L’innovation c’est l’affaire des chercheurs »

Corrélation de la précédente, l’innovation ne serait qu’une affaire de spécialistes. Certes il y a bien dans l’entreprise des « professionnels de l’innovation », ce qui d’un point de vue RH correspond à la finalité mission/salaire correspondant à la fonction innovation.

Mais aujourd’hui on sait qu’elle est partout dans l’entreprise : participative, collaborative… l’innovation est l’affaire de tous ! Les idées peuvent venir du « top » ou du « bottom » mais elles exécutées dans un processus qui implique tous les salariés.

L’innovation devient, en plus d’un métier pour quelques professionnels, une compétence à reconnaitre pour tous ! « L’innovation c’est ce qui fait la différence entre un leader et un suiveur » Steve Jobs

4. « L’innovation, c’est réservé aux gens créatifs »

La créativité est le lieu de nombreux doutes…  « je ne suis vraiment pas créatif…comment puis-je m’améliorer ? »

Première bonne nouvelle : grâce à un coaching spécifique, le miracle de la plasticité cérébrale marche : on peut faire évoluer son cerveau droit avec un entraînement régulier !

Deuxième bonne nouvelle : on peut participer à un projet d’innovation sans être purement créatif ! L’innovation a besoin de tous les talents : clarificateurs, idéateurs, développeurs et réalisateurs…chaque étape son talent particulier !(link http://www.sylviebremond.com/2018/01/08/creativite-tous-etats-3-etapes-vision-360-sujet/

5. « L’innovation, ce sont surtout les jeunes qui la font » 

Digital oblige, la tendance est de confier des programmes d’innovation et de transformation à des « jeunes ».

Or de nombreuses études et la plus récentes réalisées par le NBER( link http://www.nber.org/papers/w24489) constate que « les entrepreneurs qui réussissent sont d’âge moyen et non jeunes.  L’âge moyen du fondateur pour les nouvelles entreprises dont la croissance est la plus rapide est de 45,0 ans. Ces résultats rejettent fermement les hypothèses communes qui font de la jeunesse un trait essentiel des entrepreneurs performants. »

En conclusion, grâce à ces idées reçues, les DRH disposent d’un vrai terrain d’innovation RH : reconsidérer la grille des compétences, du leadership, de la collaboration et des âges à la lumière des projets d’innovation!

L’INNO.BUS TOTAL est de retour !

Fort du succès de l’édition 2017, l’INNO.BUS TOTAL  revient cette année et va parcourir 8000 kms pour se déplacer au sein de 15 sites industriels de la branche Raffinage-Chimie de Total, du 29 septembre au 19 octobre 2018.  C’est avec enthousiasme que j’ai relevé le challenge de contribuer à l’organisation de ce grand événement.

L’objectif est de promouvoir l’innovation à travers les sites de la branche Raffinage-Chimie, de l’Europe du Sud aux Etats-Unis en passant par l’Europe du Nord. Les équipes pourront s’imprégner d’innovations existantes qui pourraient être déployées sur leur lieu de travail et stimuler leur esprit d’innovation

L’innovation est au cœur du Groupe Total et un facteur majeur de compétitivité

« L’esprit pionnier est dans nos gênes. C’est notre capacité à innover sur tous les plans : technique, commercial, humain, stratégique, géopolitique » Patrick Pouyanné, Président-directeur général de Total.

L’Innobus s’inscrit dans le cadre des Inno.Days, journées dédiées à l’innovation dans tout le Groupe Total. Il s’inscrit plus globalement dans l’ensemble des démarches du Groupe (Booster, Usine 4.0, Challenge Argos, etc.) pour encourager l’innovation et accélérer l’émergence de nouveaux business, produits, façons de travailler…

Chaque étape sera l’occasion pour les salariés du site de s’immerger au cœur des différents types d’innovations du Groupe et plus particulièrement des innovations liées aux métiers industriels et qui convergent vers « l’opérateur augmenté » et la « raffinerie 4.0 ».

Quel est l’impact de l’intelligence artificielle pour l’innovation ?

L’I.A.  nom donné à « l’intelligence  des machines et logiciels » (wikipedia) était au coeur de la Rencontre Thématique du Club de Paris des Directeurs de l’Innovation du 20 septembre 2018 .

« Si les grandes entreprises sont aujourd’hui de plus en plus impliquées dans l’utilisation de la data (big data, smart data, proprietary data), l’intelligence artificielle (IA), nécessaire pour valoriser et donner une certaine intelligence à la data est encore assez limitée dans la conception de projets d’innovation. Cela tient au caractère encore récent de l’IA, dont il ne faut ni surestimer les possibilités ni sous-estimer l’opérationnalité actuelle et le potentiel. » tel que l’exprime Marc Giget, président du Club des Directeurs de l’Innovation, pour introduire cette réunion.

Leader dans l’innovation c’est BNP Paribas qui a ouvert la session  qui s’est poursuivie avec des interventions d’entreprises impliquées dans l’application de l’IA telles que  Microsoft, Bouygues Construction avec son Tunnel Lab, Axa …

Pour BNP Paribas, c’est Julien Cuminet, le Risk Chief Operating Officer du groupe,  qui a ouvert les interventions en expliquant pourquoi  innovation et IA sont indissociables . « Dans la banque on a  besoin de bien gérer nos risques  d’anticiper ; l’industrie est très en avance : des secteurs comme l’aéronautique savent  anticiper les signaux faibles ou l’industrie ferroviaire. Nous avons besoin d’aller plus loin et c’est ce que nous faisons par la co-création pour unir nos forces et trouver des solutions originales ».

C’est ensuite Rim Tehraoui, Head of Risk Anticipation BNP Paribas, qui a présenté les leviers de développement  intéressants pour BNP Paribas et qui figurent au cœur de la stratégie d’innovation .Quand on regarde l’ensemble de nos métiers nous avons la conviction très forte que l’IA est un facteur clé ; d’ailleurs nous avons identifiés plus de 100 projets impactés par l’AI,  à différents niveaux de maturité, de l’ idéation au POC.

Par exemple un robot qui facilite l’évaluation de risques des crédits et de fraudes avec un  algorythme pour créer une analyse de prédictivité intégrant les  problématiques  des « early warnings ».

Comment faire pour intégrer l’ IA dans les processus ? BNP Paribas a identifié ces les enablers  qui lui sont indispensables:

« Tous ces enablers sont des challenges » reconnaît  Rim Tehraoui

Le 1er challenge est technologique, celui de la data .Il n’est pas encore traité au niveau du potentiel attendu ; il s’agit de définir comment les interpréter et ccomment les articuler entre les divers métiers ; il s’agit de créer l’articulation en désiloïsant ces datas et  en rendant  exploitables ces datas.

Ce challenge implique la gestion des risques  de l’utilisation de l’IA dans le système  bancaire qui est très surveillé, très réglementé ; il y a aussi le  risque technologique à intégrer de  nouvelles technologiques  au sein de systèmes obsolètes, ce qui risque de précipiter l’ obsolescence. Par ailleurs les nombreux partenariats notamment avec les Fintechs  céent des zones de vulnérabilité.

Le 2 ème challenge est la dimension humaine. Il y a de l’anxiété autour de l’impact de l’iA sur les jobs. La machine augmente l’humain mais on ne peut sous estimer le risque de désengagement des employés. Nous vivons une période de transition et nombreux sont ceux qui ont peur de la fin de leur métier.

Enfin l’échec pas dans notre culture .Pour 1 success story nombreux sont les échecs.Il ne faut pas se retirer trop tôt ni pénaliser les porteurs de projets qui n’ont pas abouti la première fois !

Pour conclure il faut une  démarche pragmatique conciliant à la fois des projets simples avec des quickwins et dans le même temps une vision plus longue . dans tous les cas pour avancer il faut toucher aux organisations .C’est le challenge prioritaire pour aller plus loin en IA , au-delà de la technologie, repenser la dimension humaine et de la culture et de l’organisation

innovation enjeu strategique

« L’innovation est devenue un enjeu stratégique pour tout le monde » Marc Giget

C’est l’entrée en matière de Marc Giget lors de sa présentation au Club de Paris des Directeurs de l’Innovation (http://www.directeur-innovation.com/) de sa vision 2018-2020 et prospective 2030. En sa qualité de membre de l’Académie des Technologies, il nous brossera les tendances majeures de l’innovation qui se profilent pour les années à venir.

Le ton est donné avec un « ça bouge grave » suivi avec une égale aisance d’une citation de Georges Soros au dernier Davos « certaines entreprises sont déjà mortes et elles ne s’en rendent pas compte ». S’associant à la vision de transformation du monde et de nécessaire adaptation pour les entreprises, Marc Giget soutient que la fonction innovation a son rôle à jouer dans ce pilotage de la transformation qui se joue à moyen terme pour contrebalancer la vision productiviste et court-termiste de la fonction marketing

innovation enjeu strategique.

Mon éclairage des tendances d’évolution de l’innovation présentées par Marc Giget :

1) la stratégie d’innovation a tendance à être désormais intégrée à la stratégie d’entreprise  ce qui implique une nouvelle gouvernance et une fusion entre direction de la stratégie et de l’innovation (RATP, EDF, Danone, LCL, Allianz France…)

2) L’innovation devient globale, au-delà du technique en recourant à de multiples alliances, coopérations joint-ventures… ; on assiste grâce à cet effet au renouveau de l’industrie automobile et aéronautique. Valeo en est un bel exemple.

3) L’innovation totale, c’est innover tous ensemble, le coté Human Centric de l’innovation donne une part à jouer pour les RH qui ont plus ou moins de mal à s’y mettre : gestion du risque, meilleure coopération, innovation participative…

4) l’Innovation humaniste recadre l’innovation dans sa finalité de progrès… La tendance publicitaire de « innovation for a better life » en est le reflet… A chacun d’identifier ce qu’il y a au delà du story telling !

5) L’innovation inclusive se développe, reliée à une finalité de progrès, il s’agit en plus de sortir de l’innovation purement consumériste avec de nouvelles  offres de produits innovants, moins chers, accessibles au plus grand nombre.

6) Design together, co-innover avec les utilisateurs, la conception avec des utilisateurs, ou design thinking, est une tendance montante avec aujourd’hui 54% des dirigeants qui affirment comme importante l’implication des utilisateurs dès la phase d’idéation(Innovation Benchmark 2017)

7) Accélérer la transition digitale est un enjeu pour toutes les entreprises, tant dans la transformation interne que dans la définition de nouveaux produits et services; le Directeur Innovation est bien entendu impacté et a à jouer son rôle de pilotage avec les experts de technologies internes, les métiers et les personnels concernés.

innovation enjeu strategique

On assiste à une stimulation par les nouveaux acteurs, les GAFA, qui obligent à une redéfinition des services comme l’ont fait avec succès Accor et G7. Le Digital constitue une source d’innovations de toutes types, incrémentales et disruptives, autant d’opportunités  pour l’innovation dans les années à venir.

Rendez-vous aux « Rencontres Nationales de l’Innovation » le 14 juin prochain pour voir comment s’actualisent concrètement ces tendances stratégiques de l’innovation !

innovation levier transformation sociale

L’innovation levier de transformation dans l’habitat social

Au coeur de toutes nos connexions, l’habitat est touché par plusieurs vagues… La vague digitale mais aussi la vague du développement durable qui impose de nouvelles règles entre bâtisseurs et habitants des logements. Pour l’habitat social, la mesure concernant les APL lui fait affronter en plus une baisse des revenus. L’innovation est alors un recours nécessaire pour trouver des solutions. 

De nouveaux financements pour combler le manque à gagner des revenus de l’APL, tout en restant vigilant sur l’important poids du réglementaire dans le domaine. Innover avec, ou plutôt malgré, le code de la Construction et de  l’Habitation exige une réelle créativité !

innovation levier transformation sociale

L’innovation concerne depuis toujours les techniques du bâtiment. Aujourd’hui la construction exige la prise en compte de la transition énergétique(consommation réduite, accès électriques…) mais aussi de nouveaux procédés favorisés par les nouvelles technologies apparaissent : construction d’une maison par imprimante 3D comme à Nantes avec Batiprint selon un procédé mis au point par Bouygues Construction. Non seulement la construction est facilitée mais en plus à très bas prix…au point que les chinois lorgnent sur cette innovation française pour leurs programmes de logements sociaux du coté de Pékin. Les robots viennent aussi suppléer aux manœuvres sur les chantiers pour les taches difficiles.

Le Digital avec ses nouvelles technologies et nouveaux usages rend les locataires plus exigeants …comme pour tous les domaines de la vie courante ils demandent à être « acteurs » de leur logement, choisir, personnaliser leur habitat. On parle même d’« habitat participatif ». Habiteo , une start up qui aide les promoteurs à se digitaliser en proposant des plateformes d’échanges ente promoteurs et futurs acquéeurs vient de lever 6 millions d’euros. Les quartiers génèrent aussi des associations solidaires qui permettent l’expression de besoins culturels différents et enrichissants pour la version finalisée.

Plus globalement l’ensemble des métiers du logement social sont impactés, par l’arrivée de l’intelligence artificielle, des big data et des objets connectés…à commencer par les gardiens qui ont un rôle de présence que ni les robots ni les chatbots ne pourront remplacer : une présence humaine et chaleureuse, qui demande à être harmonisée avec cette nouvelle vision globale de l’habitat social.

mieux avant innovation creatrice progres

« C’était mieux avant » ou l’innovation créatrice de progrès !

A offrir et commenter à tous ces empêcheurs d’innover qui ne cessent de se plaindre de l’évolution du monde… Il se pourrait que nous en rencontrions quelques uns en ces périodes de fêtes !

Ce petit manifeste, écrit sur un coup de sang par l’auteur de Petite Poucette en colère contre tous les Grands Papas Ronchons qui empêchent de regarder devant nous avec espoir, a été tout d’abord offert à tout acheteur de deux livres de poche de Michel Serres.

Devant l’enthousiasme qu’il a suscité et les nombreuses demandes qui lui sont parvenues, la Maison d’Edition (Le Pommier) a décidé de le publier sous forme d’un tout petit livre : « Dix Grands Papas Ronchons ne cessent de dire à Petite Poucette, chômeuse ou stagiaire qui paiera longtemps pour ces retraités : « C’était mieux avant » ». 

mieux avant innovation creatrice progres

Or, cela tombe bien,  «  avant, justement, j’y étais »… Peut revendiquer Michel Serres. « Je peux dresser un bilan d’expert. Qui commence ainsi : avant, nous gouvernaient Franco, Hitler, Mussolini, Staline, Mao… Rien que des braves gens ; avant, guerres et crimes d’état laissèrent derrière eux des dizaines de millions de morts. Longue, la suite de ces réjouissances vous édifiera. »

Quelle belle ode au progrès avec ce regard dans le rétroviseur d’un fin observateur : les conditions d’hygiène, d’alimentation, de travail , la condition des femmes, des enfants… De très beaux arguments, justes, objectivement analysés pour clouer le bec à tous ceux qui ne sont pas entrés dans le nouveau monde et qui voudraient nous empêcher d’espérer que l’innovation puisse être porteuse d’avenir, de progrès et d’humanité !

innovation total

L’Inno.Bus ! ça roule pour l’innovation industrielle chez Total

L’Inno.Bus, qui a été inauguré par Bernard Pinatel, le Directeur de la Branche Raffinage-Chimie le 9 octobre, est en train de  parcourir pendant les semaines à venir les 3000 Kms qui relient 11 sites français et belges. Chaque étape est l’occasion de partager avec les salariés des  raffineries et sites pétrochimiques  les innovations métiers du Groupe.

Pour la Mission Innovation de la branche Raffinage-Chimie de Total, qui porte ce projet pendant la grande fête de l’innovation du groupe les « Innodays », l’objectif est de renforcer sa dynamique d’innovation industrielle même si elle compte déjà plus de 17 challenges innovation en un an, et 30 000 connexions sur la plateforme participative dédiée aux  idées des salariés. Les Prix de l’Innovation qui viennent récompenser chaque année des projets permettant d’améliorer la performance des installations à partir de propositions émanant de  salariés de la Branche seront présentés dans le Bus.

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Des innovations pour l’Usine 4.0  à découvrir dans l’Inno.bus :

La vision prospective des métiers industriels de demain,  scénarisée dans le film « L’Usine 4.0 »  est concrétisée par des démos d’innovations concrètes telles que :

  • Les applis  de l’opérateur augmenté qui permet-tent d’améliorer les conditions de travail et la performance des opérateurs tels que l’assistant aux tournées d’inspection ou la surveillance des vannes
  • La « trouble shooting room » : une salle d’assistance à distance en temps réel pour résoudre les incidents, au lieu d’attendre la venue d’un expert et le résultat de son analyse des données a posteriori si incident sur une machine.
  • La vision en images de l’Usine 4.0 ou usine du Futur, imaginée par les métiers de Total
  • La visite de la raffinerie d’Anvers  en réalité virtuelle avec des lunettes 3D, pour participer à des jeux sur la culture de l’innovation et développant la créativité
  • Les logiciels d’Intelligence Artificielle pour faire parler les données du raffinage et de la pétrochimie et permettre aux métiers de délivrer des études/analyses plus rapidement.

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Un esprit  créatif et convivial: des Mantras Innovation et un Foodtruck

Le bus est entièrement recouvert de silhouettes en habit d’opérateurs pour rappeler le métier et de mantras d’innovation qui jouent les paradoxes de toute innovation industrielle aux initiales de la Branche Raffinage Chimie (R&C) : Réinventer& Construire, Regarder & Créer, Redéfinir &  Conquérir…

Des jeux et animations sur la culture innovation permettront aux opérateurs des sites de s’initier à a culture innovation tout en partageant  une pause gourmande au Foodtruck qui accompagne l’Inno.bus.

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