A l’heure de l’innovation responsable, le coach partenaire de responsabilisation

Dans un précédent article, je présentais la montée de l’innovation responsable  et plus globalement du sens de la responsabilité  depuis l’arrivée du virus. Distanciation sociale, gestes barrières, il en est appelé à la responsabilité de chacun en tant que citoyen. De même pour l’innovation il s’agit aujourd’hui d’innover responsable, protéger la planète, investir pour des idées durables. Cet état d’esprit qui émerge fortement dans la nouvelle génération, oblige chacun à prendre conscience qu’il est acteur du système. Etre et se montrer responsable, c’est à dire conscient de ses actes, comportements et décisions, est aujourd’hui une nécessité pour chacun de nous et a fortiori une obligation pour le leader. Comment s’y prendre ?

  • Etre soi-même responsable au nom de l’exemplarité

Difficile de prôner  «  l’innovation responsable » tout en se comportant sans respect des autres, sans conscience de la portée de ses actes. « Sois le changement que tu veux dans le monde » disait Gandhi qui était le premier à conformer sa vie à la vision qu’il portait. L’exemplarité, cette qualité qui conduit le leader à adopter le comportement qu’il attend de ses subordonnés et qui doit les inspirer en retour, est devenue essentielle.

  • Un coaching pour fixer son intention et agir en conscience

Pour  s’assurer de ses objectifs et de la bonne attitude pour aller jusqu’au bout de ses objectifs un accompagnement peut s’avérer très utile. Première étape clarifier son intention. Sur quoi doit porter mon intention de responsabilité? Quelles sont mes valeurs ? quelles sont les attentes des autres ? quels sont les points de concordance ? de différence. Une fois l’intention clarifiée il faut s’y tenir et pour cela un cadre est nécessaire.

  • Un coaching pour se donner un cadre d’action

En accord avec le coach choisi, certifié et  respectant éthique et  déontologie , un cadre sera défini.  Le rythme des séances, leur lieu et leur durée constitueront ce rdv régulier, ce temps donné à soi-même pour travailler son objectif. Le respect de ce cadre est impératif car y déroger laisse la porte ouverte à la procrastination ou à la manifestation de limitations émotionnelles.

  • Un coaching pour bénéficier d’un feedback et développer son intelligence émotionnelle

Le coach par son écoute active va aussi permettre les feedbacks…toujours bienveillants. Jouant son rôle de miroir il va accompagner la prise de conscience des actions à encourager ou modifier, des soft skills à développer ou à exploiter positivement.

Afin d’aller en profondeur sur la connaissance de soi  et la perception des autres le coach peut proposer des outils certifiés de mesure d’intelligence émotionnelle. En  testant  son  QE (Quotient Emotionnel), il identifiera les compétences émotionnelles qu’il se reconnait et avec un 360° il bénéficiera de la vision des personnes interviewées dans son entourage. Un bilan complet pour une vision 360 de la perception de son sens de la responsabilité et de sa manière de l’exprimer 

  • Un coaching individuel mais collectif aussi

Cet accompagnement  qui encourage la mise en œuvre des actions « responsables » s’avère très porteur individuellement  et s’applique quotidiennement à des managers et chefs de projets. Mais le coaching peut s’appliquer aussi aux équipes, notamment aux équipes de direction qui doivent porter l’exemplarité  du sens de la responsabilité de l’entreprise.

L’innovation, au service de la « raison d’’être ».

Dans mon précédent article  je présentais comment la pandémie de la Covid 19 avait accéléré le mouvement de l’innovation responsable. Derrière cette recherche de sens par tous les citoyens se profile la nécessité du sens en entreprise. Selon une étude de l’Ifop, 95% des Français déclarent attendre que les entreprises s’engagent d’elles-mêmes en faveur des enjeux de la société. Etablir une raison d’être est donc non seulement vertueux en respect de la Loi Pacte mais surtout  gage de motivation pour les salariés et d’engagement des parties prenantes. Experte en innovation, je vois dans  cette recherche de sens une opportunité pour chaque entreprise de redéfinir sa stratégie d’innovation et développer une culture de l’innovation par l’ouverture et la collaboration.

 

1) Quel rôle dans le  « Nouveau Monde » ?

L’incertitude et le changement permanent  qui caractérisent le monde d’aujourd’hui ont accentué le besoin de sens. Au delà de la Loi Pacte les entreprises ont tout intérêt à établir et afficher leur raison d’être. C’est aujourd’hui un gage  pour recruter et fidéliser non seulement les salariés mais également les clients qui partagent les mêmes valeurs. C’est aussi un moyen de se démarquer des concurrents qui n’auront pas fait cet effort d’empathie avec leurs parties prenantes. A l’instar de Danone et Michelin qui ont ouvert la tendance toutes les entreprises sont concernées puisque la raison d’être est devenue une condition de performance.

 

2) Innover : pourquoi et pour quoi ?

Innover n’est plus aujourd’hui une option. Non seulement on a pu observer que ceux qui se sont sortis de la crise étaient  des leaders d’innovation. Ainsi les Big Tech de la Silicon Valley ont vu augmenter leur CA (60% Facebook) et leur capitalisation boursière (record de 2000 Milliards de dollars pour Apple). Innover est surtout une aptitude à l’adaptation.. Aujourd’hui l’innovation doit être de progrès, la technologie au service de l’humain et de la planète. L’entreprise doit s’appliquer à faire converger les axes de la stratégie RSE de l’entreprise dans sa stratégie d’innovation

 

3) Raison d’être et savoir-innover

Pour les entreprises ayant déjà une culture de l’innovation, il est plus facile d’établir sa raison d’être car les méthodes sont celles du management de l’innovation, telles que je  les ai  définies dans mon ouvrage : respecter les 4 étapes de l’innovation, aligner axes stratégiques  RSE et Innovation, et créer un mix d’actions qui vont libérer l’initiative et la confiance. Pour apporter des solutions aux préoccupations sociales et environnementales, il est important de développer des softs skills telles que l’empathie, la remise en question qui favoriseront la collaboration et les partenariats internes et externes.

Il est d’ailleurs fréquent de constater que les entreprises innovantes créent couramment des partenariats entre elles. Citons l’exemple récent de co-innovation entre Décathlon et Bic qui ont transformé le masque de plongée Easybreath en masque filtrant pour les personnels de santé en 18 semaines

 

4) Commencer par un diagnostic de maturité innovation

Avant de lancer la co-contruction de votre Raison d’Etre avec vos parties prenantes, je conseille d’établir un diagnostic de votre maturité innovation. La proximité entre innovation et raison permet d’optimiser la démarche innovation et RSE, quand elles ont déjà démarré, voire de leur donner un nouvel élan pour en faire une vraie valeur immatérielle de votre entreprise et afficher votre ambition.

Le Corona, virus pour l’innovation responsable

S’il est un domaine que le Covid 19 aura stimulé, c’est bien l’innovation. Cette crise sanitaire, devenue crise systémique aura eu le mérite de créer une prise de conscience plus puissante que des décennies d’alerte. Aujourd’hui l’heure est à la reconstruction et la clé en est l’innovation.

C’est bien là le paradoxe de ce virus.  Il a distribué la mort et la peur mais il a aussi permis de prendre conscience de la nécessité de l’adaptation pour la survie et du sens pour l’humain. Il a inoculé le virus de l’innovation…responsable.

Experte et passionnée d’innovation, je vois dans cette période l’opportunité de passer à la disruption d’un système à bout de souffle. Portant depuis des années le message de l’innovation par les soft skills et des nouveaux modes de management comme le télétravail, je savoure les impacts déjà visibles de cette crise qui viennent illustrer ma vision et conforter mes convictions.

1) Accélération brutale de l’entrée dans le « Nouveau Monde »

L’urgence a créé un monde auquel on n’a pas eu le temps de penser. Pendant que des dizaines de millions d’emplois sont détruits dans le monde, la valeur du titre Facebook bondit de près de 60% ainsi que les autres GAFAM -Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft- auxquels le bouleversement du quotidien a profité.

Mark Zuckenberg, le patron de Facebook, avec son « vous n’avez qu’à vous organiser » à la  Commission Européenne ouvre sur la nécessité des Anciens à prendre le virage du Nouveau Monde.

Dans notre pays, on a pu assister à des adaptations inattendues car « forcées ». Chômage partiel et télétravail sont deux innovations sociales qui ouvrent vers de nouveaux modes de travail et plus de flexibilité sur lesquelles le corona a eu raison d’années d’immobilisme.

2) Innovation incrémentale et disruption

L’entrée dans ce nouveau monde fait apparaître le besoin d’innovation sous toutes ses formes.

Pour faire face à la pénurie, des centaines d’entreprises ont montré leur capacité d’innovation incrémentale et de réactivité. LVMH et Yves Rocher ont su transformer en temps record leurs chaines de production de cosmétiques en gel hydro-alcoolique. Décathlon s’est associé à Bic pour transformer son fameux masque de plongée Easybreath en protecteur respiratoire en 18 jours !.

Quant à la disruption elle s’est installée par l’adoption « forcée » de nouveaux usages. Les plateformes de « e » commerce, « e »éducation, « e »travail… ont d’ailleurs révélé des tailles de marchés insoupçonnées.

3) Des tests « pilotes » grandeur nature

La visioconférence en est un exemple emblématique. Privés de contacts, même les plus réfractaires au digital se sont mis aux « apéros What’sapp » et aux mariages par Skype.

Zoom, start up créée en 2011, est devenue un succès mondial grâce au corona en trouvant enfin son marché avec 300 millions d’utilisateurs quotidiens.

Ainsi le marché des logiciels de télétravail estimé à 400 millions de personnes c’est-à-dire des cadres, est aujourd’hui à 2 milliards de salariés car il faut connecter désormais les salariés de terrain aussi.

4) Pour une  innovation consciente et qui fait sens

Cette crise en nous faisant prendre conscience de notre vulnérabilité d’humain aura fait prendre conscience que le système de santé ne pouvait être purement commercial et devait se moderniser. Les nouveaux « Héros de la Nation » doivent pouvoir innover.

Et peut-on continuer à laisser totalement délocalisés les principes actifs des vaccins en Asie, entre la Chine et l’Inde.

Il y a une vraie leçon à tirer pour la R&D occidentale.

5) Ralentissement pour une consommation durable

Cette crise a créé un paradoxe étonnant en donnant un coup d’accélérateur par l’urgence de la situation et dans le même temps le confinement a fait vivre à un rythme hors temps.

Dans la mode où l’éphémère crée le business, le groupe Kering ouvre  la transition entre l’ère de la « Fast Fashion » et celle de la « mode durable ».  La maison Gucci a annoncé s’affranchir des calendriers des Fashion Weeks pour défiler uniquement 2 fois par an et sa prochaine collection est réalisée à partir de matières recyclées, biologiques naturelles et durables.

6) Nouveau normal, nouveaux leaders

Le confinement aura été propice à la créativité comme l’ont montré les milliards d’échanges. Ce potentiel créatif est résolument à exploiter pour réinventer le nouveau monde et le rôle des leaders est de savoir le mobiliser.

On le constate déjà avec bon nombre de leaders qui ont pris des initiatives « responsables » pour les salariés. Pour ne citer que Sébastien Bazin  qui a créé pour le groupe Accor un fond de secours pour les 220 000 collaborateurs sans emploi dans le monde puisque l’hôtellerie a été touchée à 90 % de son activité. Ou Michel-Edouard Leclerc qui s’est mobilisé personnellement sur le terrain tout au long de la crise pour assurer la continuité d’approvisionnement.

Le confinement, imposant à la fois  télétravail et distanciation physique, a révélé la nécessité du respect des autres, de l’empathie et de la bienveillance pour permettre de fonctionner, voire de survivre.  Le corona rend plus que jamais d’actualité la théorie de Darwin sur l’évolution de l’espèce «  ce ne sont pas les plus forts mais les plus adaptables qui survivront ».

Intelligence de soi et celle des autres sont intimement mêlées et regroupent les soft skills que les leaders doivent acquérir pour innover et faire innover les autres : créativité, collaboration, intuition, gestion du risque, agilité pour les décisions et les modes projets.

Par la prise de conscience que c’est un ensemble de gestes individuels qui construisent le collectif  et l’innovation, il est en train d’accélérer la mutation du management et l’émergence d’un nouveau type de leadership. C’est là l’opportunité du virus de l’innovation responsable pour le monde d’après.

Culture Innovation – La nécessaire exemplarité du CODIR

Le Codir, ou Comité de Direction, est le lieu de pilotage de l’entreprise où sont prises ou validées les décisions stratégiques. En effet devenir membre du Codir est statutaire et accéder à ce statut signifie que tous les regards  des salariés sont braqués sur vous. A l’heure de la transparence digitale, l’exemplarité du Codir est plus que jamais nécessaire.  Un membre de Codir ne peut plus dite « Fais ce que je dis  et pas ce je fais ». Pour l’innovation, qui implique disruption et transformation, cet adage vaut plus encore !

1) être membre du Codir : droits et devoirs pour l’innovation

Innover implique un ensemble de comportements tels que la collaboration, l’ouverture, l’acceptation d’idées nouvelles… Ces comportements  peuvent paraître décalés par rapport à ceux de la compétition prônée par des entreprises traditionnelles voire certaines start-ups dirigées par des entrepreneurs sans culture manageriale. Or on ne peut exiger des salariés des comportements que le Codir ne s’applique pas à lui-même.

Dans les nombreux Codirs que j’accompagne,  la « collaboration » est sans doute le challenge le plus difficile.

Chaque membre du Codir vient souvent représenter son silo et défendre les intérêts de son territoire. Or l’innovation résulte de la confrontation d’idées et de la contribution de toutes les fonctions de l’entreprise pour sa mise en œuvre, de la technique aux RH pour recruter le bon chef de projet.

Et il n’est pas rare de voir des directeurs inciter leurs collaborateurs à coopérer entre eux alors qu’ils sont en guerre manifeste avec leurs collègues du Codir. Leur demande de collaboration se transforme alors en injonction paradoxale ! Mettre l’innovation à l’ordre du jour du Codir est un excellent remède pour la transversalité.

2) savoir utiliser la diversité : ouvrir son point de vue pour innover

Le Codir constitue en effet un ensemble d’opportunités de développement. Ayant lieu à périodicité régulière, y participer  donne la possibilité de lancer et présenter l’état d’avancement du projet à chaque étape de décision. Composé des homologues directeurs, il permet la sollicitation de  l’implication des services représentés autour de la table. C’est aussi le moment d’indiquer le niveau de contribution de chacun  pour créer la dynamique positive d’association au projet.

Mais c’est aussi, sous le sceau de la confidentialité de cette instance, de relever  les non-contributions et engager la responsabilité collective sur les risques de délais ou de niveau d’excellence.

3) Nouveau savoir-être pour l’innovation

Pour beaucoup, être membre de Codir c’est représenter son service et, dans le meilleur des cas, faire redescendre l’information le lendemain lors de la réunion de service. C’est traditionnellement une fonction « top down ».

Or l’innovation suppose plutôt des méthodes « bottom up » impliquant la sollicitation des salariés dans le processus de création puis de décision. Le Codir devient alors un lieu de « remontée » d’idées et de solutions à adopter.

Etre membre de Codir pour l’innovation signifie alors partage et intelligence collective. Autant de soft skills rattachées à l’empathie et la bienveillance qui permettent de susciter confiance, solidarité et corresponsabilité.

Evitons d’appliquer  les affres décrits dans le business thriller « le Codir m’a tuer » pour tuer l’innovation. Une bonne leçon de management pour développer la culture innovation.

Innover pour la Mode…adapter les métiers à la « Fast Fashion »!

Je vous fais partager mon intervention à l’occasion de l’évènement Paris Fashion Shops le 8 novembre dernier sur le thème « innover pour la mode ».

Créée en 2016 par Jacky Z. Chang, Paris Fashion Shops est la 1ére plateforme B to B dédiée aux professionnels de la mode. Elle compte aujourd’hui 100 0000 références produits mises a disposition de 100 000 détaillants dont 60% à l’étranger. Lauréat de BFM Académie 2019, son président fondateur  avait rassemblé des experts du domaine et m’avait demandé d’intervenir sur la dimension innovation dont PFS a intégré les différents modes avec succès. En effet en quelques années Paris Fashion Shops a su se hisser parmi les start ups prometteuses et Le Figaro n’a pas hésité à la nommer l’« Amazon du B to B ».

La mode c’est le lieu de l’innovation par excellence. Incrémentale avec ses tendances et collections mais également de la disruption en bousculant les codes. L’innovation disruptive, chasse gardée du luxe, s’ouvre aujourd’hui au prêt-à-porter grâce aux possibilités nouvelles ouvertes par le Digital et l’Intelligence Artificielle. Le temps s’accélère et on assiste à l’avènement de la « Fast Fashion ».

Pour Innovation Blossom, l’innovation est une question de talents à faire éclore, d’intelligence à développer en complément de l’intelligence artificielle. Et donc la mode est un terrain d’application passionnant.

En effet, comme tous les secteurs, la mode doit s’adapter au monde qui change. Mais plus que tout autre secteur, étant par essence à la pointe des tendances,  elle est touchée de plein fouet par le digital avec les atouts et contraintes du « commerce unifié » et la vague « éco-friendly ».  Les métiers de la mode doivent  donc évoluer voire  muter.

Je vous fais partager ma vision des challenges pour les 3 métiers au travers des 3 I à développer …et surtout de nouveaux métiers à inventer.

L’ INSPIRATION à renouveler pour  les métiers de la création

Artistes dans l’âme les créateurs de Haute Couture et les stylistes font les tendances. Chaque créateur a innové en marquant l’époque de sa griffe: de Coco Chanel avec sa marinière mondialement copiée aux créatures inspirées des mangas d’ Olivier Rousteing pour rebooster Balmain. Chaque année, et 2 fois par an,  les professionnels ont à relever le défi des nouvelles collections. Il s’agit d’un exercice d’innovation « incrémentale » : améliorer ou changer un produit qui permettra de revendiquer la nouveauté, marquer la saison. Hors le risque d’épuisement de la profession, les recettes de l’incrémental fonctionnent bien : rallonger ou raccourcir cheville, genou, cuisse,  passer des imprimés jungle à l’uni, favoriser un accessoire phare…Peu coûteuses, ces innovations  sont porteuses de chiffre d’affaires par renouvellement de l’offre.

Mais c’est la « disruption », en mode comme dans les autres secteurs, qui est le graal de l’innovation. C’est jusqu’à présent le domaine des grands créateurs et du luxe. Citons Yves Saint- Laurent, roi de la disruption en bousculant les codes  établis, qui a su imposer par exemple le Smoking pour les femmes, le caban dans la rue, sortir l’imprimé léopard de la vulgarité.

Aujourd’hui, tous les codes ayant été revisités, c’est le  digital le nouveau champ d’inspiration : créer des vêtements intelligents, connectés au vestiaire ou à l’agenda, reflet calculé en IA de ma trace numérique tant en couleur que style et taille, leur permettre de changer de couleur en un clic… permettre au client de devenir son propre créateur ? de changer , de se changer de plus en vite et de plus en plus souvent.

Autant de compétences nouvelles pour le styliste qui viennent s’ajouter aux capacités d’imagination et de dessin. Il faut élargir le champ d’inspiration de ce métier de la mode créatif par excellence pour exploiter les opportunités créatives notamment du Digital et qui s’ouvre au prêt-à-porter avec la « Fast Fashion ».

L’ INTELLIGENCE TECHNIQUE à élargir pour les métiers de la production

La fabrication et la logistique sont aussi déterminantes en innovation que la création. Pour permettre, selon la définition de l’innovation en cours à Harvard,  « à l’idée de toucher le marché », les métiers de la production sont essentiels : les modélistes, les petites mains des stylistes, les contrôleurs qualité, tous les métiers techniques…

Mais eux-aussi vont devoir évoluer, à commencer par celui d’ingénieur technique ou R&D textile pour inventer les nouvelles matières respectueuses de l’environnement. Il s’agira d’innovation incrémentale par amélioration et substitution. Et un nouveau challenge se présente avec l’accélération du temps digital qui impose des temps de production encore plus courts tout en maintenant le niveau de qualité.

Le Digital encore, avec ses imprimantes 3D notamment, suppose une maîtrise technologique supplémentaire aux compétences textiles classiques. Et vraiment disruptive, la possibilité qui va être offerte aux clients, sans être des spécialistes techniques, de fabriquer eux-mêmes leurs modèles. Ce sera aussi la possibilité, en fabricant soi-même, de supprimer les délais de distribution donc de succomber à la Fast Fashion !La suprématie technique des fabricants est donc à redéfinir à l’ère du prêt-à-porter sur mesure ! 

L’INTELLIGENCE CLIENTS  à augmenter pour les métiers de la vente

Dans un environnement de concurrence mondiale, les métiers de la vente exigent un sens affuté de la mode. Les jeunes diplômés d’école de commerce sont recherchés pour les postes de « chef de produit marketing » pour développer les marques du luxe ou de prêt à porter. Le digital fait partie intégrante de la stratégie de communication voire de commercialisation avec le e-commerce. Les exigences du commerce unifié démultiplient les compétences des différents canaux à mixer. Les profils hybrides, mode, marketing et digital sont idéaux pour ces fonctions.

Coté Retail, le profil évolue également. Pour faire face  au e-commerce, à la performance de mise à disposition d’Amazon ou de plateforme spécialisées dans le textile, les retailers doivent repenser leur rôle et leurs espaces. Le digital a déjà bousculé le métier d’acheteur avec les comparatifs en quelques clicks. Les chefs de produit marketing et les retailers doivent intégrer ces nouvelles possibilités pour améliorer leur rentabilité et rester compétitif. Pour les 2, l’accélération des temps de création et mise à disposition est une réalité de la Fast Fashion à prendre en compte.

Mais l’élément de différenciation résidera dans la capacité à établir la relation. Pour le retailer il s’agit de donner envie au client de venir et revenir : en plus de la mise à disposition d’articles  sélectionnés , de créer une boutique chaleureuse et un accueil personnalisé qui devra faire mieux que l’algorithme des plateformes de vente. Pour le chef de produit marketing il convient d’utiliser les nouveaux modes d’innovation notamment la co-innovation en associant le client à ses réflexions.

En matière d’innovation client, tous les secteurs ont d’ores et déjà adopté le Design Thinking consistant à créer l’empathie avec le client pour identifier ses besoins profonds et co-créer avec lui le produit de ses rêves. A quand « le consomm’acteur » pour la mode ?

INTELLIGENCE DE LA COORDINATION pour devenir créateur, producteur, diffuseur, partenaire  sur plateforme 

Avec l’arrivée de plateformes, telle que notamment Paris Fashion Shops, commencent à émerger de nouveaux métiers, des fonctions multidisciplinaires associant création/marketing/ achat/ vente /digital/ organisation. Ces missions  ne peuvent être tenues que par des profils hybrides qui ont le sens du business mais également la culture technique pour gérer les services digitaux associés. Ces profils en intégrant les différentes composantes du métier peuvent permettre de gagner du temps sur les cycles de création production et logistique et remplir les attentes clients séduits par la Fast Fashion.

De plus pour réussir cette mission il faut être capable de fonctionner en transversalité complète en interne avec les différents métiers et en externe avec les partenaires et sous-traitants.

Parmi toutes les plateformes, celles du secteur de la mode peuvent jouer la différence avec l’attrait des produits et la nécessaire créativité pour étonner. Le professionnalisme accru pour aborder les marchés d’aujourd’hui touche aussi ce secteur qui sort de l’image parfois superficielle de créations éphémères pour entrer dans les usages quotidien rendus possibles par le digital

Lieu d’innovation par excellence la mode n’a pas fini de nous étonner pour notre plus grand plaisir !

Dernières conférences

L’empathie pour innover

Ma chronique Innovation parue dans le magazine RH&M d’octobre 2019

L’empathie pour innover

Parmi les softs skills reconnues comme indispensables pour innover figure l’empathie. A l’instar de Jeremy Rifkin qui l’érige en  «  remède à un monde en crise » avec sa  « civilisation de l’empathie », cette soft skill est prônée comme méthode centrale du « design thinking ». De son étymologie « em-pathos », on identifie qu’il s’agit de se mettre à la place de l’autre, pour partager son ressenti et donc pour innover, identifier ses besoins, exprimés ou cachés, et créer une solution qui apporte progrès. Il s’agit de faire fonctionner en même temps son cerveau gauche et droit, sa tête et son cœur ! Mais l’empathie n’est pas toujours naturelle… quand elle l’est ou pour la développer, je propose ces 4 règles:

1 Ecouter

L’écoute est la première des attitudes pour entrer en empathie avec l’autre ; pour pouvoir ressentir ce qu’il ressent. Il faut une écoute de qualité, une écoute « active » telle que décrite par Carl Rogers, qui donne à l’autre cette impression d’intérêt pour ce qu’il dit et cette intention de vouloir en savoir plus. La base de l’innovation est déjà de connaitre les besoins exprimés, pour trouver le bon produit ou l’amélioration qui fera une innovation incrémentale.

François Dalle le premier patron de L’Oréal passait beaucoup de temps dans les salons de coiffure au contact des coiffeurs et des clients pour détecter les nouveaux produits capillaires et orienter la Recherche vers des pistes scientifiques pour des innovations répondant à des besoins client. Il est décrit comme un précurseur en matière d’innovation avec une écoute empathique remarquable.

  • Exprimer et inciter à exprimer

Cette écoute active se traduit par l’expression d’émotions partagées. Au delà de l’analyse du cerveau gauche dans la phase d’écoute, il s’agit de mobiliser son cerveau droit pour écouter avec intuition et cœur et partir à la découverte des besoins cachés et d’usages nouveaux. En exprimant, en reformulant la démarche d’écoute empathique permet de dépasser les besoins conscients.

Des innovations révèlent parfois des besoins cachés ; on peut citer le post it, un système qui se décolle refusé à l’origine par 3M dont le cœur de métier est de créer des adhésifs robustes. Il aura fallu de la persévérance à son innovateur pour l’imposer chez 3M, qui aurait pu gagner du temps et de l’argent s’ils avaient joué l’empathie avec l’innovateur et le marché.

  • Questionner

Savoir questionner est tout un art. La question empathique commence par l’intention : curiosité pour le sujet affichée et intérêt pour la personne. Que ce soit sous forme de face à face, d’interviews ou en groupe pour susciter l’intelligence collective, la gestion de la question ouverte est clé.

Le questionnement permet à la fois d’alimenter la phase convergente du processus d’innovation, pour clarifier le problème ou trouver des solutions mais également la phase divergente pour animer un brainstorming ou une séance de visual design, méthodes au coeur du design thinking.

  • Pratiquer le silence

Cela peut paraître surprenant, d’autant plus à l’heure du bavardage incessant des réseaux sociaux, mais la part de silence octroyée à l’innovation peut s’avérer productive. Pendant la pause les esprits continuent de mûrir, l’écoute se fait plus intense permettant aux signaux faibles d’émerger.

Cette pratique du silence suppose d’accepter de ne pas être le sachant, ne pas critiquer une idée qu’on n’aurait pas soi-même, d‘emprunter un leadership de l’ouverture et de la bienveillance.